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Ouverture d'esprit

De médecins incompétents en médecins incompétents

 

ARTICLE PARU SUR www.rue89.fr , merci beaucoup pour cet article qu’il faut diffuser pour que les gens puissent prendre conscience des dégats causés par les drogues dites « légales ».

« Lexomil, Temesta, Xanax… A chacun sa béquille anxiolytique. Et, pour les centaines de riverains qui ont commenté ce lundi 27 septembre l’article « Accro au Lexomil, j’essaie de me sevrer », une grande solitude au moment du sevrage. Marianne, Parisienne de 27 ans à la recherche d’un emploi, nous raconte sa « descente aux enfers ».

Il est temps d’en parler. Je suis accro aux benzodiazépines depuis plus de trois ans et en sevrage depuis sept mois.

Les recommandations de l’HAS [Haute autorité de santé, ndlr] me font sourire. Ce ne sont pas les patients qu’il faut guider, ou pas seulement. Ce sont tous les prescripteurs-dealers qui n’ont pas conscience des effets secondaires réels des anxiolytiques.

Je n’ai trouvé aucun médecin capable de m’aider pour mon sevrage, là où je n’ai absolument aucune difficulté à me procurer n’importe quelle ordonnance.

Je suis devenue accro à ce que l’on appelle les benzodiazépines ou anxiolytiques (Lexomil, Xanax, Temesta, Valium…) il y a un peu plus de trois ans. Suite à de fortes crises de panique et une anxiété générale -qui ont mis du temps à être diagnostiquées- j’ai été mise sous antidépresseurs et sous Temesta, à raison de 5mg par jour pour commencer.

L’effet de l’anxiolytique est immédiat. Il m’a soulagée de mes crises de panique -ce en suivant une thérapie cognitive comportementale. Au bout de quelques mois, je me suis apaisée. Mais mon psychiatre a jugé bon que je continue le traitement.

« J’étais toxicomane »

Après une année, j’ai commencé à ressentir les effets secondaires du Temesta :

  • perte importante de mémoire,

  • état dépressif,

  • fatigue constante,

  • état de manque entre les prises.

J’ai donc décidé d’arrêter définitivement les anxiolytiques. C’est la descente aux enfers :

  • nausées, tremblements,

  • retour des phobies sociales comme la peur de sortir,

  • enfermement,

  • sommeil agité voire inexistant…

J’ai repris les mêmes doses en ayant compris un truc : j’étais toxicomane.

J’ai de nouveau consulté un psychiatre pour me sevrer. Il m’a recommandé d’augmenter les doses, soupçonnant une dépression.

Oui, j’étais dans un état dépressif : je ne pouvais me sortir de la spirale des médicaments et j’avais l’impression d’y être condamnée pour le reste de ma vie !

De médecins incompétents en médecins incompétents

Après avoir vu un autre psychiatre -qui m’a affirmé que l’arrêt du Temesta ne pouvait être responsable de ma descente aux enfers -, un certain nombre de médecins traitants m’ont affirmé qu’ils ne pouvaient m’aider mais seulement prescrire…

N’en pouvant plus de passer de médecins incompétents en médecins incompétents, shootée, à bout de vivre dans cette camisole médicamenteuse, j’ai décidé de me sevrer seule.

J’ai commencé par des recherches sur le Net et suis tombée sur les études de la psychiatre anglaise Heather Ashton, spécialisée dans les addictions, en particulier aux anxiolytiques.

Je me suis rapprochée de différents forums et surtout du forum d’entraide au sevrage aux benzodiazépines et somnifères, pour ses témoignages, le soutien que j’y ai trouvé, et cette compréhension qui n’existe que les gens qui vivent cette situation.

Parce qu’aujourd’hui, l’idée d’être dépendant à un médicament n’est pas reconnue. Il m’a fallu expliquer à mon entourage, à mes amis, les effets de ces drogues licites et ma dépendance.

C’est comme ça que j’ai commencé à écrire mon blog, Benzombie.

« Je me suis donnée un an pour arrêter »

Cela fait sept mois que j’ai commencé à me sevrer. J’ai dû commencer par changer de médicament pour le remplacer par un autre de la même famille, le Lysanxia, qui suscite moins le manque. C’est ce qu’on appelle la phase de substitution.

J’ai ensuite commencé le sevrage proprement dit, doucement, à mon rythme, en enlevant chaque semaine quelques gouttes de Lysanxia. J’ai commencé à 90 gouttes et j’en suis aujourd’hui à 25. Je me suis donnée un an pour arrêter.

Je revis depuis. La mémoire est revenue, les émotions aussi -ne rien ressentir, ce n’est pas vivre. Je ne suis plus épuisée tout le temps et je ne fais plus de crises de panique, ni de dépression !

J’ai l’impression de sortir d’un long cauchemar et de pouvoir à nouveau être maître de moi, de mes pensées, de mes émotions, de mes choix.

On est seul aujourd’hui face à ça. Parce que les médecins ne savent pas ce qu’ils prescrivent, parce qu’ils ne pensent jamais au long terme mais juste à la guérison immédiate. Guérir, c’est vivre debout, pas avec des béquilles.

C’est une honte. La France est le premier pays consommateur d’antidépresseurs. Une honte d’avoir encore si peu d’alertes sur les effets plus que néfastes de la prescription à outrance, manière de se débarrasser d’un patient sans voir plus loin que le bout de son nez. »

8 commentaires »

  1. phil dit :

    25 ans de xanax, 10 ans d’antidépresseur.
    J’essaie de me sevrer tout doucement du xanax que je prenais à doses très importantes. Quant aux antidépresseurs j’ai arrêté.
    La réflexion sur le travail des psychiatres me semble devenir urgente. Trop peu formés en psychologie, et même très peu en pharmacologie car ils sous estiment totalement l’effet dévastateur des psychotropes.

  2. Brian dit :

    Bonjour, je suis a la recherche d un numero de telephone d une vrai structure pour les victimes de ces poisons torturants comme nous. Rivotril a bouzillé ma vie et j aimerai vraiment rencontrer des personnes pour s unir et se battre pour avoir des structures adéquates..cela doit bien exister j en suis sur.. Il fault en faire un scandale médiatisé.. Avec tout le respect que j ai pour les victimes et les familles du médiator, les benzo sont un haulocost.. Unissons nous svp. Brian, 29 ans

  3. Giannoni Martine dit :

    Cela faisait 20 ans que je prenais du lexomy, xanax, rohypnol, imovane etc etc… Suite à une dépression et à un choc émotionnel.
    Au lieu de m’en sortir, je devenais une loque, j’avais mal de partout à toutes les articulations, je suis devenue très violente en paroles et e
    actes. Ma dépression devenait incontrôlable. J’ai perdu mon travail, ma mémoire.
    Le matin je me levais j’étais une loque, plus envie de me laver, de m’habiller etc ..
    Je suis retournée voir mon bourreau de MEDECIN docteur Gouni à Marseille et il me doublait les doses pour que je devienne un légume.
    Depuis un an je me suis sevrée toute seule, j’ai tout arrêté d’un seul coup et j’ai repris goût à la vie.

  4. Guy dit :

    Bonjour
    je suis entierement daccord avec tous ces propos, celas fais plus de 5 ans que j’ais des problemes de dos et divers douleurs qui m’endicape sérieusement
    J’ais changer de medecin et toujour pareille on me prescrit 50 boites d’efferalgan, du tramadol, du théralène, du zopiclone, alprazolam, tétrazépam, xanax, et avec tous sa j’ai toujours des douleurs insuportable, mes doigts de pieds me brule a cause de ma sciatique, et aucune solution tant pis quand la mort viendra je n’aurais plus mal et je maudit tous ces soit disant medecins

  5. Poliakov dit :

    Bonjour, souvent, les anxiolytiques, leurs dosages, sont prescrits de manière alléatoire.
    Avoir recours à ce type de produits, n’est pas sans risque: accoutumance, effets secondaires importants, etc,etc,
    Un patient qui est l’objet « d’angoisses, d’insomnies, consomme souvent ce type de « béquilles », elles ne sont pas innocentes, au contraire.

  6. jo dit :

    bien dit! c’est ce que je pensais aussi! ils ne savent pas, pire ils nient parfois les effets de sevrage en pointant du doigt la depression, nous laissant nous demerder avec nos cachets de l’enfer!!!

  7. bibi dit :

    bonsoir , je suis tout à fait dacord avec vous , plusieurs médecin on essayer , de me refiler ces « poison » mais j’ai toujours refuser , car il y avait toujours un problème évident, à régler pour guerrir, carence en fer qui ressemblent fortement à un état de dépression, j’ai fait comme vous puis examun sanguin traitement et guerison total et bien d’autre cas .. il ne se fatiguent pas ne cherche plus à approfondir comme vous dites , heureusement que je m’en suis méfier .C’est mon bon sens, qui m’a permis d’y échaper à chercher la cause de mes soucis de santé . Je vous félicite de tout le courage que vous avez eu pour vous en sortir.

  8. Aurel dit :

    Je tiens à vous féliciter pour avoir arrêter définitivement. Ca fait plus de quatre semaines maintenant que j’ai arrêté le Nordaz et je n’ai trouvé aucun médecin et surtout je n’ai de leçon à recevoir de personne. J’ai aussi pris du Xanax et du Temesta des années avant durant de courtes périodes de quelques mois. Ce sont des drogues licites qui devraient être prescrits avec un peu plus de précautions surtout quand c’est pour quelques années. Je reconnais leur utilité aussi mais je trouve qu’il n’y a pas assez de prévention pour dire qu’elles sont les véritables potentiels concernant les dangers potentiels et ainsi arrêter. Contre le stress, il y a la Valériane, un produit de phytothérapie qui fait son effet.

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